Le Luxe et la violence. Domination et contestation chez Ibn Khaldûn

Domination et contestation chez Ibn Khaldûn

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En relisant l'oeuvre d'Ibn Khaldûn, historien du XIVe siècle, Hamit Bozarslan en fait ressortir toute l'actualité et la justesse d'analyse. La chute des régimes de Ben Ali et de Moubarak ne trouve-t-elle pas une explication dans ce qu'il décrit comme l'inévitable " routinisation " du pouvoir, menant à la troisième et ultime phase de toute domination ? Théoricien de la civilisation, Ibn Khaldûn construit une analyse du pouvoir fondée sur la mise en évidence de cycles et de contradictions. Aucune cité ne peut se constituer sans la violence, mais elle ne peut pas non plus vivre avec, dans un va-et-vient permanent entre pacification et brutalisation. Conquête, domestication, puis exercice tyrannique du pouvoir : telles sont les trois phases de domination menant inexorablement à la chute d'un pouvoir, laissant la place à d'autres ambitions de puissance. L'étude révélatrice de Hamit Bozarslan sur un penseur d'une envergure digne de Machiavel illustre la pertinence d'une pensée qui n'a pas fini de nous interpeller

Table of contents

Table of contents
Luxe et la violence. Domination et contestation chez Ibn Khaldûn (Le) 1
Introduction : Une lecture d'Ibn Khaldûn 9
Pacification et brutalisation des sociétés 9
L'« essentiel » et l'« accidentel » dans l'histoire 12
Une histoire cyclique ou une histoire-changement ? 15
Le monde d'Ibn Khaldûn 20
I. Le particulier, l'universel, la `asabiyya et la da'wa 27
Le fardeau de la domination 27
Une noblesse bien particulière 31
À l'origine du pouvoir : la `asabiyya 33
La `asabiyya, la mémoire et le temps 34
La perte de vitalité du groupe à l'épreuve du pouvoir 44
L'affaiblissement de la da'wa et la perte de puissance 45
II. De quoi le pouvoir est-il le nom ? 51
La « nature » du pouvoir 51
L'État, le monopole de la contrainte ? 58
Le mulk : légitimer le pouvoir en islam 63
Ibn Khaldûn et Pareto 66
La civilisation et la tyrannie 71
Ruralité et urbanité : régimes différenciés de soumission 74
Le pouvoir comme champ d'action et capacité d'action 81
III. Les matières grises du pouvoir 85
La trahison et la haine comme rapports de pouvoir 85
Le pouvoir comme distance et autonomie 89
IV. La destruction du pouvoir 97
Le pouvoir détruit les groupes qui le constituent 97
Le pouvoir est condamné à s'autodétruire 98
Entreprendre et « faire violence aux gens » 103
V. Entrer dans l'histoire, sortir de l'histoire 105
Des groupes macro-ethniques comme des quasi-nations 106
Le déplacement de la civilisation et le processus de dé-civilisation 109
Le monde musulman ou la « prédominance des Barbares » 117
Que faire du peuple ? 120
VI. Désintégration, violence et dissidences religieuses 125
La crise de la désintégration 125
La `asabiyya de la crise, la da'wa de la crise 133
Les limites de la `asabiyya urbaine 139
Formation des marges : exemples antiques 142
`Asabiyya et da'wa : potentialités asymétriques 147
Ibn Khaldûn face aux révoltes 149
De la difficulté de se révolter... 152
La dissidence religieuse et la violence 157
Échappatoire messianique 163
VII. La violence de la guerre, la violence des frontières 167
Le pouvoir militaire et la guerre 167
La guerre civile dans l'islam et la « guerre sainte » 171
Exporter la violence ailleurs : les frontières d'Empire 175
De la guerre prolongée 182
L'Empire se détruit, mais aussi se reproduit à ses marges 185
L'Empire et la production de la dissidence interne : exemples musulmans 192
L'empire et ses clients. Qui apprend de qui ? 196
Les ingrédients de la barbarie 197
Ibn Khaldûn et Toynbee 200
Et la révolution ? 204
Épilogue en guise de conclusion. Quelle théologie historique et politique ? 209
Glossaire des termes d'origine étrangère 221
Bibliographie 225
Index 235
Remerciements 239
Table des matières 241
CNRS Éditions 243