Crise, violence, dé-civilisation

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Nécessaire, le " savoir " appliqué à la crise et à la violence peut s'avérer dépourvu de toute capacité explicative et devenir parfaitement frustrant.Nécessaire, le " savoir " appliqué à la crise et à la violence peut s'avérer dépourvu de toute capacité explicative et devenir parfaitement frustrant. L'exigence scientifique comme l'urgence citoyenne imposent certes le savoir comme un devoir ; toute société est obligée de comprendre ce qu'elle produit, y compris l'irrationnel ou l'horreur. Mais comment nier qu'étudier l'horreur, c'est déjà reconnaître, a posteriori, notre impuissance ? L'analyse critique est-elle d'une grande utilité quand elle ne dispose pas de moyens d'action ? Ce livre s'intéresse à trois notions : la crise, la violence et la dé-civilisation. Elles constituent les trois angles morts de l'histoire du monde, tant la connaissance scientifique que l'on peut en avoir ne permet ni de les comprendre pleinement, ni de les combattre efficacement. Elles ont pourtant une dimension universelle et une histoire longue. Il importe de continuer à se pencher sur ces trois notions, car la crise ne conduit pas nécessairement au chaos, à la violence et à la destruction, et la dé-civilisation ne relève d'aucune fatalité. Une crise peut aussi présenter une chance inédite pour une société de développer une conscience critique sur son passé et se projeter dans un avenir radicalement différent de son présent. En étudiant ces questions politiques, historiques et éthiques, fondamentales, Hamit Bozarslan revient sur l'histoire du monde, et s'interroge sur son avenir.

Table des matières

Table des matières
Crise, violence, dé-civilisation 1
Introduction 7
Les sciences sociales et la cité 9
Les limites de la régulation du monde 14
Les Lumières, la raison et l’irraison 17
Un monde irrationnel ? 23
Trois entrées pour interroger nos sociétés 27
Penser en historien contre l’obscurité del’instant 30
Une note sur les concepts 40
Interlude 1. – La crise ou la cité faceà l’épreuve de la puissance 43
Puissance étatisée, puissance désétatisée 45
La crise ou comment transformer l’État 51
La crise de « L’insurrection qui vient » 54
Échelles d’analyses et exercices de style 57
Première partie. – La crise, la téléologie et la déraison 61
Chapitrepremier. – Subir la crise, répondre à la crise 63
Chapitre 2. – L’héritage de la « grande crise moderne » 77
Chapitre 3. – Mythes et rites des siècles de crise 101
Chapitre 4. – Administrer la crise 117
Chapitre 5. – La crise comme ressource politique 143
Interlude 2. – La Gewalt, ou comment analyser la violence 173
Deuxième partie. – Coercition, violence et légitimité 185
Chapitre premier. – La violence et la cité 187
Chapitre 2. – La violence et la crise 207
Chapitre 3. – La violence et la fabrique de l’« homme nouveau » 243
Chapitre 4. – Une violence qui domine tout mais ne tranche rien 273
Interlude 3. – La civilisation, le particulier et l’universel 293
Troisième partie. – L’ordre, le Thanatopolitiket la dé- civilisation 307
Chapitre premier. – La civilisation, l’illusion et la confiance 309
Chapitre 2. – Passions, cruauté et violences extrêmes 333
Chapitre 3. – Civilisation, contemporanéité et « non-contemporanéité » 357
Chapitre 4. – L’engagement sacrificiel et la dé-civilisation 381
En guise de conclusion. – Penser, construire et défendre la cité 409
La cité, la rationalitéet le courage citoyen 411
Approches pragmatiques, approches critiques 415
La question de la responsabilité dans la cité 418
La responsabilitéet la théorie des circonstances 424
Les démocraties prises au piège des circonstances 433
Les leçons de Benjamin 436
La responsabilité universelle de la citédémocratique 439
La « dialectique du bourgeois et du barbare » 441
Penser la cité dans sa complexité 444
Glossaire des termes d’origine étrangère 447
Acronymes et organisations 451
Bibliographie sélective 455
Index 467
Remerciements 475
Table des matières 477
CNRS Éditions 481

Compléments