KL. Une histoire des camps de concentration nazis

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Le camp de concentration (KL) est constitutif du nazisme. Il en est le miroir le plus fidèle.
Dès les premières heures du régime, il sert d'abord à éliminer les opposants politiques dans des bâtiments réquisitionnés en pleine ville, puis très vite est érigé hors des zones urbaines selon une architecture particulière. De concentration des prisonniers sans droits, il élargit ses fonctions selon les besoins de l'État : instrument de la terreur idéologique, il devient la machine de l'épuration sociale (malades mentaux, asociaux, homosexuels), le centre d'une économie du travail par le mortel esclavage de la main-d'œuvre (les prisonniers russes et les Slaves au premier chef), un univers de convois ferroviaires et de rampes de sélection, d'expérimentations médicales selon les pathologies des différentes catégories de déportés, l'épicentre enfin du génocide des populations juives et tziganes en provenance de tous les pays occupés. D'emblée, le camp fut le règne de la violence absolue, sitôt que la garde en fut confiée à la SS des camps dont les rangs s'ouvrirent aux militants de base sans autre formation idéologique que les sanglantes batailles de rues.
Le camp ne répond pas seulement aux évolutions du régime nazi, il est un univers en soi avec ses propres règles, mélange de bureaucratisme tatillon et d'arbitraire déchaîné, sur lequel entend régner Himmler.
Un univers dont les Allemands ne pouvaient ignorer l'existence, tant il fit l'objet de reportages écrits, radiophoniques et cinématographiques afin que chacun sache de quel prix se payait la moindre dissidence. Un univers dont nombre de survivants périrent aux dernières heures dans les marches forcées par lesquelles les nazis voulurent effacer les traces de leur crime devant la progression des armées russes et alliées.
Nikolaus Wachsmann, professeur d'histoire contemporaine à Birkbeck College (université de Londres), a écrit la première histoire globale du camp nazi de 1933 à 1945, puis de sa survivance dans la mémoire occidentale. Un de ces livres majeurs qui, par le recours à des milliers de pages d'archives administratives ou de témoignages personnels, par le jeu d'échelles du centre du pouvoir hitlérien à la condition du détenu au ras de son châlit, marquent une étape dans la discipline.

Table des matières

Table des matières
Couverture 1
Titre 5
Copyright 6
Exergue 7
Prologue 9
Précédents et perspectives 13
Les KL dans l’histoire et la mémoire 18
Approches 27
Sources 31
Structure 34
I. Les premiers camps 37
Un printemps et un été sanglants 41
La coordination 66
La terreur franche 90
II. Le système des camps SS 111
Une exception permanente 116
Les mondes des détenus 163
III. L’expansion 185
Les marginaux sociaux 189
Le travail forcé 214
Les juifs 233
IV. La guerre 259
La SS des camps en guerre 261
Acheminement vers la fin 285
Échelles des souffrances 306
V. L’extermination de masse 327
Tuer les faibles 330
Exécuter les prisonniers de guerre soviétiques 351
Utopies meurtrières 373
VI. La shoah 393
Auschwitz et la Solution finale 396
« Les usines de mort » 410
Le génocide et le système des KL 432
VII. Anus mundi 457
Les prisonniers juifs à l’est 463
Routines SS 486
Pillage et corruption 508
VIII. Économie et extermination 529
Oswald Pohl et le WVHA 530
La main-d’œuvre asservie 554
« Les cobayes » 577
IX. Une nébuleuse de camps 599
In Extremis 603
Les camps satellites 626
Le monde extérieur 646
X. Des choix impossibles 671
Des communautés de contrainte 674
Les kapos 692
Bravades 712
XI. La mort ou la liberté 731
Le commencement de la fin 735
L’apocalypse 755
Les dernières semaines 776
Épilogue 801
Premières étapes 804
Les survivants 811
La justice 817
La mémoire 827
Lieux de mémoire 835
Annexes 845
Tableaux 847
Appendices 851
Remerciements 853
Sources 857
Abréviations 931
Notes 937
Index des noms 1127
Présentation 1161
Achevé de numériser 1162

Compléments