Repenser la légitimité de l'État africain à l'ère de la gouvernance partagée

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La viabilité et la légitimité de l’État africain n’ont cessé d’être étudiées depuis la vague des indépendances des années 1960. Forgé par un processus exogène, cet État n’est pas le produit d’une dynamique sui generis comparable à celle qui a produit des États-nations puissants et orientés vers leur société en Europe. Économiquement faible, il est dépendant de l’extérieur pour assurer ses fonctions de base. Au pouvoir souvent par la force et non à la suite d’élections libres, ses dirigeants n’ont pas bâti un système politico-administratif de type wébérien. Il n’est donc pas étonnant que l’État africain ait été fréquemment qualifié de « failli », de « patrimonial », de « prédateur », d’« intégral », bref, d’institution en rupture avec la société. Pourtant, il s’est solidement enraciné ; ses politiques sont proclamées, ses symboles sont réaffirmés et ses frontières, bien qu’héritées de la colonisation, ont résisté.

Le présent ouvrage révèle toutefois que le contexte dans lequel l’État africain évolue a profondément changé, notamment depuis l’ouverture démocratique des années 1990. L’environnement institutionnel est désormais marqué par une prolifération d’acteurs nouveaux, disputant le monopole de l’action publique à un État déjà inséré dans un système externe de contraintes et de ressources. L’État n’a plus la maîtrise unilatérale de la production de politiques publiques qui sont devenues des domaines partagés, mais cette situation ne l’affaiblit pas nécessairement.

Les contributions réunies ici abordent cette nouvelle donne en explorant d’une façon originale, sur les plans local, national et international, son effet sur la substance et la légitimité de l’État africain.

Table of contents

Table of contents
Couverture 1
Titre 7
Crédits 8
Avant-propos 9
Table des matières 13
Liste des sigles 19
Introduction – La légitimité de l’État africain dans un contexte de coproduction de la gouvernance 21
Partie 1 – La régulation et la souveraineté 29
Chapitre 1 – La construction de la nation sud-africaine 31
Chapitre 2 – L’administration de la nature au nom de l’État 59
Chapitre 3 – La coproduction du droit 77
Partie 2 – Le maintien de l’ordre et les services aux populations 101
Chapitre 4 – Les crises africaines 103
Chapitre 5 – La coproduction des services publics de sécurité sur les axes routiers au Bénin 123
Chapitre 6 – Les collectivités locales décentralisées à l’épreuve de la reddition de comptes 147
Partie 3 – La gouvernance économique et le développement 165
Chapitre 7 – La gouvernance du développement au Bénin et au Togo 167
Chapitre 8 – L’évaluation de la gouvernance en Afrique 187
Conclusion – L’État africain devant l’impératif de la gouvernance partagée 203
Le constat d’un pouvoir régalien fragmenté 204
Les réactions de l’État africain 205
Les perspectives d’un État caméléon 206
Bibliographie 208
Notices biographiques 209
Quatrième de couverture 212