Accrochés à des pourcentages de PIB désincarnés ou artificiels, « experts » et médias mentent à lAfrique quand ils lui font croire quelle a « démarré » et quune « classe moyenne » y est née. En effet, non seulement le continent ne se développe pas, mais, au sud du Sahara, il est même revenu à une économie de « comptoir ».
Au xviiie siècle ces derniers étaient esclavagistes ; en 2015, ils sont
pétroliers, gaziers ou miniers. Comme ceux dhier, ceux daujourdhui nenrichissent quune infime minorité dacteurs-profiteurs cependant que la masse de la population subit en tentant de survivre.
Allons-nous donc continuer de mentir à lAfrique quand, confrontées à la misère et pour échapper au désastre dont elles sont les premières victimes, ses jeunes générations risquent leur vie dans de mortelles traversées vers le supposé « paradis » européen? Afin dattaquer les vraies causes du mal, les acteurs africains et européens doivent commencer par cesser de sabriter derrière ces postures
dogmatiques et ces mensonges qui, depuis des décennies, engluent le
continent dans les échecs.
Bernard Lugan, universitaire, est professeur à lÉcole de Guerre
à Paris et il enseigne aux Écoles de Saint-Cyr-Coëtquidan. Il est conférencier à lIHEDN et expert auprès du TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda-ONU). Il édite la revue par internet lAfrique Réelle.