Je suis mort et alors ?

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« Je suis mort hier. Au seuil de l'éternité, j'ai déjà mesuré le monument de bêtises qu'on édifie à chaque fin d'existence. Moi, le premier. Encore que, par superstition, j'évitais le sujet. C'est à destination des survivants provisoires que j'ai donc décidé de tenir, durant ma première année d'éternité et avant d'être gagné par la routine posthume, mes carnets de mort. » Des carnets qui n'ont rien de morbide tant ils manient l'ironie et assènent des vérités, tant la plume qui les trace se baigne d'encre douce-amère et évoque, avec une légèreté propice aux gravités éternelles, un sujet qui - hélas ! - s'adresse à chacun. Des funérailles de l'auteur fort courues aux premiers jours de solitude totale dans le cercueil, des voisins de caveaux muets aux souvenirs du passé qui eux peuvent remonter à la surface, des questions sur l'âge, la maladie, Dieu, la famille, les femmes aux réflexions sur notre monde forcément profondes - puisque venues de l'au-delà -, cet ouvrage est un délice d'humour noir... autant qu'une ode à la vie. A l'aube de ses 80 ans, Philippe Bouvard offre une formidable bouffée d'air frais littéraire, un texte sincère et hors normes qui possède une âme puisqu'il déborde d'esprit.

Table of contents

Table of contents
Avertissement 9
Où, par la force des choses, je me comporte comme un débutant 11
Où je suis reçu solennellement à l'Examen du Grand Passage 19
Où je m'avise qu'un cadavre entend encore plus de bêtises qu'un tableau de musée 29
Où je commence à craindre qu'au-delà de trois jours la résurrection soit hypothétique 37
Où je m'offre mon premier flash 49
Où je commence à vérifier que je suis condamné à perpétuité 59
Où je fais connaissance avec la veuve Michard 65
Où je me résigne à ne plus être informé d'une actualité qui se passe de moi 73
Où je me remémore un temps où tous les corps étaient chauds 79
Où je regrette à la fois de ne plus éternuer et de n'avoir pas manifesté davantage d'ambitions 87
Où les monstres sacrés de la presse viennent me tirer par les pieds 93
Où je vérifie que le soleil est mort, lui aussi 99
Où je confirme avoir possédé l'esprit de famille 107
Où je règle mon compte avec ceux qui n'ont pas réglé mon cas 115
Où je tiens le journal d'un mois que je suis incapable de situer dans le temps 121
Où je choisis pour dernière devise : stabilité, sérénité, éternité 135
Où, désormais certain de l'impunité, je passe aux aveux les moins doux 141
Où je m'enorgueillis de ressembler enfin à Flaubert 149
Où une vie d'adulte se déroule entre cabriolets et corbillard 157
Où je déplore que les pauvres morts n'aient plus aucune autorité de tutelle 163
Où faute d'avoir de la lecture, je me raconte des histoires 169
Où il apparaît que j'avais un bon fond avant d'être dans le trou 175
Où, après une permission de sortie ratée, je reviens pour faire la fête 185
Où il est question d'amour sous différentes formes qui ne sont pas toujours les plus romantiques 191
Où Dieu confirme qu'il n'est pas à la disposition du premier venu ni du dernier parti 197
Où je m'offre le délicat plaisir de revivre mes meilleurs moments 203
Où, regrettant ce qui ne me donnait plus toute satisfaction, je ressens la vieillesse comme une réussite puisque tout le monde n'y parvient pas 211
Où j'essaie pathétiquement de me rendre encore intéressant 217
Où les figures du passé m'aident à trouver le présent moins long 225
Où j'envisage de nouveau l'avenir 231
Où je fais - mais trop tard - amende honorable 237
Où je me souviens d'avoir eu trop de mémoire 243
Où me rejoint, sans le savoir, une vieille et charmante connaissance 249
Où je distribue mon C.V. à toutes fins utiles 253
Où j'essaie d'en finir avec ce qui ne se terminera jamais 259