Brutalisation du monde

Du retrait des États à la décivilisation

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  • Quebec publishers

Si l’émergence des États au sortir du Moyen Âge a progressivement conduit à une réduction des violences privées, le processus qui s’est alors mis en marche semble de nos jours s’être enrayé. Ce tournant civilisationnel s’est traduit jusque-là par un refoulement de la pulsion de mort qui a pris la forme d’un monopole de l’État sur les guerres et d’une pacification diplomatique. Mais il témoigne à présent d’un épuisement inquiétant. Cela tient à l’affaiblissement des acteurs étatiques, si discrédités et contestés qu’ils ne sont plus en mesure d’intervenir comme instances légitimes de régulation et de protection. Désormais, avec la mondialisation des violences non étatiques et des communautarismes, les sociétés doivent faire face à la brutalisation du monde — affrontements identitaires, destruction du lien social et des solidarités, exclusion de la communauté nationale d’individus lentement réifiés avant d’être socialement néantisés. Conjuguant les apports de la psychanalyse, de l’histoire et de la sociologie, cet essai propose un cadre d’analyse qui rend compte des reconfigurations actuelles d’une scène mondiale traversée par les forces destructrices de la décivilisation.

Table of contents

Table of contents
Introduction 11
Première partie, Le refoulement de la pulsion de mort 21
Chapitre 1, L’emprise étatique sur l’économie psychique 25
Chapitre 2, Un cadrage diplomatique de la violence 53
Deuxième partie, Le retour du refoulé 83
Chapitre 3, La sacralisation des violences interétatiques 87
Chapitre 4, La mondialisation des violences non étatiques 111
Conclusion 143
Glossaire 147
Index analytique 155
Index des noms de personnes 163
Bibliographie 167