Fortunes de mer, sirènes coloniales

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C'est vers 1660 que la France entre dans le grand commerce atlantique et colonial, notamment avec le port de Saint-Malo. Mais l'essor du négoce colonial au siècle suivant, avec la production antillaise de canne à sucre, d'indigo et de café, et le développement de la traite négrière, occulte souvent l'émergence de ce premier système capitaliste maritime au XVIIe. Et fait oublier que le commerce colonial se poursuit, sous d'autres formes, avec le vaste empire que la France se constitue à partir du XIXe siècle. Les sirènes coloniales ont séduit de nombreux acteurs, mais les risques encourus par le négoce investissant dans des circuits commerciaux lointains sont nombreux, et les richesses accumulées aléatoires. Les fortunes de mer réservent des surprises. Ainsi la fabuleuse croissance du commerce colonial au XVIIIe siècle n'est-elle pas en partie illusoire ? Constitue-t-elle véritablement l'un des piliers du développement économique national ou ne profite-t-elle qu'à un petit nombre ? Quels rôles jouent l'État, la noblesse et les milieux négociants dans l'affaire ? Autant de questions auxquelles on trouvera ici des réponses. Grâce au recul du temps long (des années 1660 à 1914, voire 1940) et à une approche combinant des méthodes rarement connectées : étude quantitative, culture des acteurs du jeu économique, rôle de l'État..., se dessine un panorama complet du grand capitalisme maritime français, de ses forces et de ses faiblesses, ainsi que de ses acteurs.

Table des matières

Table des matières
Fortunes de mer 1
Chapitre I. Fausses certitudes et vrais débats 7
Le projet 7
Lorsque la France s’ouvrait à l’Atlantique colonial (vers 1660-1720) 15
Chapitre II. Non, le capitalisme maritime français n’était pas en retard 17
Chapitre III. Oui, l’État joua un rôle essentiel 33
Chapitre IV. Quand la noblesse s’y mettait, elle aussi 47
Chapitre V. Combien faut-il d’hommes pour bâtir un empire maritime et colonial ? La France et les autres 61
Succès et mirages du « beau XVIIIe siècle » (vers 1720-1792) 85
Chapitre VI. Et la France devint une puissance négrière 87
Chapitre VII. Les dessous d’un apparent apogée 101
Chapitre VIII. Les hommes : un capitalisme relationnel 117
Des colonies à l’empire colonial ? (vers 1780-1914) 131
Chapitre IX. Un passage obligé ? 133
Chapitre X. L’histoire en partie oubliée du capitalisme maritime français au XIXe siècle 153
Chapitre XI. Les dessous d’un débat : la crise de la marine marchande (1860-1914) 173
Chapitre XII. Réussites et illusions du second système colonial (vers 1792-1960) 193
Source des textes 203
Notes 205
Index des noms de personnes 229
Index des noms de lieux 233
Table des cartes et tableaux statistiques 235
Table des matières 237

Compléments