Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture

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Ces réflexions, publiées en 1719, connurent un succès immédiat. L'abbé Du Bos, dans la lignée de l'ut pictura poesis, étudie les rapports entre les arts. Il participe à un mouvement qui cherche à donner au peintre un autre statut que celui de l'artisan voué à l'exercice d'un métier manuel. Ces Réflexions sont le fondement d'une nouvelle esthétique de la perception, faisant du sentiment un critère de jugement et ouvrant ainsi la voie à la critique moderne.

Table of contents

Table of contents
Couverture 1
Présentation 2
Titre 4
Avis au lecteur 5
Préface 6
Avertissement 20
Avertissement à l’édition de 1755 22
Première partie 24
Section 1. De la nécessité d’être occupé pour fuir l’ennui et de l’attrait que les mouvements des passions ont pour les hommes. 28
Section 2. De l’attrait des spectacles propres à exciter en nous une grande émotion. Des gladiateurs. 31
Section 3. Que le mérite principal des poèmes et des tableaux consiste à imiter les objets qui auraient excité en nous des passions réelles. Les passions que ces imitations font naître en nous ne sont que superficielles. 37
Section 4. Du pouvoir que les imitations ont sur nous et de la facilité avec laquelle le cœur est ému. 42
Section 5. Que Platon ne bannit les poètes de sa République qu’à cause de l’impression trop grande que leurs imitations peuvent faire. 46
Section 6. De la nature des sujets que la peinture et les poètes traitent. Qu’ils ne sauraient les choisir trop intéressants par eux-mêmes. 50
Section 7. Que la tragédie nous affecte plus que la comédie, à cause de la nature des sujets que la tragédie traite. 52
Section 8. Des différents genres de la poésie et de leur caractère. 55
Section 9. Comment on rend les sujets dogmatiques intéressants. 56
Section 10. Objection tirée des tableaux et faite pour montrer que l’art de l’imitation intéresse plus que le sujet même de l’imitation. 57
Section 11. Que les beautés de l’exécution ne rendent pas seules un poème un bon ouvrage comme elles rendent un tableau un ouvrage précieux. 59
Section 12. Qu’un ouvrage nous intéresse en deux manières : comme étant un homme en général, et comme étant un certain homme en particulier. 60
Section 13. Qu’il est des sujets propres spécialement pour la poésie et d’autres spécialement propres pour la peinture. Moyens de les reconnaître. 64
Section 14. Qu’il est même des sujets spécialement propres à certains genres de poésie et de peinture. Des sujets propres à la tragédie. 78
Section 15. Des personnages de scélérats qu’on peut introduire dans les tragédies. 81
Section 16. De quelques tragédies dont le sujet est mal choisi. 83
Section 17. S’il est à propos de mettre de l’amour dans les tragédies. 85
Section 18. Que nos voisins disent que nos poètes mettent trop d’amour dans leurs tragédies. 89
Section 19. De la galanterie qui est dans nos poèmes. 94
Section 20. De quelques maximes qu’il faut observer en traitant des sujets tragiques. 96
Section 21. Du choix des sujets des comédies. Où il en faut mettre la scène. Des Comédies romaines. 101
Section 22. Quelques remarques sur la poésie pastorale et sur les bergers des églogues. 108
Section 23. Quelques remarques sur le poème épique. Observation touchant le lieu et le temps où il faut prendre son sujet. 112
Section 24. Des personnages et des actions allégoriques par rapport à la peinture. 114
Section 25. Des personnages et des actions allégoriques par rapport à la poésie. 128
Section 26. Que les sujets ne sont pas épuisés pour les peintres. Exemples tirés des tableaux du crucifiement. 132
Section 27. Que les sujets ne sont pas épuisés pour les poètes. Qu’on peut encore trouver de nouveaux caractères dans la comédie. 135
Section 28. De la vraisemblance en poésie. 140
Section 29. Si les poètes tragiques sont obligés de se conformer à ce que la géographie, l’histoire et la chronologie nous apprennent positivement. Remarques à ce sujet sur quelques tragédies de Corneille et de Racine. 143
Section 30. De la vraisemblance en peinture et des égards que les peintres doivent aux traditions reçues. 149
Section 31. De la disposition du plan. Qu’il faut diviser l’ordonnance des tableaux en composition poétique et en composition pittoresque. 154
Section 32. De l’importance des fautes que les peintres et les poètes peuvent faire contre leurs règles. 158
Section 33. De la poésie du style, dans laquelle les mots sont regardés en tant que les signes de nos idées. Que c’est la poésie du style qui fait la destinée des poèmes. 159
Section 34. Du motif qui fait lire les poésies : que l’on n’y cherche pas l’instruction comme dans d’autres livres. 165
Section 35. De la mécanique de la poésie qui ne regarde les mots que comme de simples sons. Avantages des poètes qui ont composé en latin sur ceux qui composent en français. 170
Section 36. De la Rime. 191
Section 37. Que les mots de notre langue naturelle font plus d’impression sur nous que les mots d’une langue étrangère. 195
Section 38. Que les peintres du temps de Raphaël n’avaient point d’avantage sur ceux d’aujourd’hui. Des peintres de l’Antiquité. 197
Section 39. En quel sens on peut dire que la nature se soit enrichie depuis Raphaël. 214
Section 40. Si le pouvoir de la peinture sur les hommes est plus grand que le pouvoir de la poésie. 217
Section 41. De la simple récitation et de la déclamation. 224
Section 42. De notre manière de réciter la tragédie et la comédie. 229
Section 43. Que le plaisir que nous avons au théâtre n’est point l’effet de l’illusion. 235
Section 44. Que les poèmes dramatiques purgent les passions. 238
Section 45. De la musique proprement dite. 242
Section 46. Quelques réflexions sur la musique des Italiens. Que les Italiens n’ont cultivé cet art qu’après les Français et les Flamands. 251
Section 47. Quels vers sont les plus propres à être mis en musique. 257
Section 48. Des estampes et des poèmes en prose. 260
Section 49. Qu’il est inutile de disputer si la partie du dessin et de l’expression est préférable à celle du coloris. 261
Section 50. De la sculpture, du talent qu’elle demande et de l’art des bas-reliefs. 264
Deuxième partie 268
Section 1. Du génie en général. 270
Section 2. Du génie qui fait les peintres et les poètes. 275
Section 3. Que l’impulsion du génie détermine à être peintre ou poète ceux qui l’ont apporté en naissant. 280
Section 4. Objection contre la proposition précédente, et réponse à l’objection. 286
Section 5. Des études et des progrès des peintres et des poètes. 290
Section 6. Des artisans sans génie. 297
Section 7. Que les génies sont limités. 301
Section 8. Des plagiaires. En quoi ils diffèrent de ceux qui mettent leurs études à profit. 306
Section 9. Des obstacles qui retardent le progrès des jeunes artisans. 313
Section 10. Du temps où les hommes de génie parviennent au mérite dont ils sont capables. 322
Section 11. Des ouvrages convenables aux gens de génie, et des artisans qui contrefont la manière des autres. 327
Section 12. Des siècles illustres et de la part que les causes morales ont au progrès des arts. 330
Section 13. Qu’il est probable que les causes physiques ont aussi leur part aux progrès surprenants des arts et des lettres. 338
Section 14. Comment il se peut faire que les causes physiques aient part à la destinée des siècles illustres. Du pouvoir de l’air sur le corps humain. 383
Section 15. Le pouvoir de l’air sur le corps humain prouvé par le caractère des nations. 389
Section 16. Objection tirée du caractère des Romains et des Hollandais. Réponse à l’objection. 401
Section 17. De l’étendue des climats plus propres aux Arts et aux Sciences que les autres. Des changements qui surviennent dans ces climats. 408
Section 18. Qu’il faut attribuer la différence qui est entre l’air de différents pays à la nature des émanations de la terre qui sont différentes en diverses régions. 410
Section 19. Qu’il faut attribuer aux variations de l’air dans le même pays la différence qui s’y remarque entre le génie de ses habitants en des siècles différents. 415
Section 20. De la différence des mœurs et des inclinations du même peuple en des siècles différents. 419
Section 21. De la manière dont la réputation des poètes et des peintres s’établit. 422
Section 22. Que le public juge bien des poèmes et des tableaux en général. Du sentiment que nous avons pour connaître le mérite de ces ouvrages. 424
Section 23. Que la voie de discussion n’est pas aussi bonne pour connaître le mérite des poèmes et des tableaux que celle du sentiment. 432
Section 24. Objection contre la solidité des jugements du public et réponse à cette objection. 438
Section 25. Du jugement des gens du métier. 444
Section 26. Que les jugements du public l’emportent à la fin sur les jugements des gens du métier. 448
Section 27. Qu’on doit plus d’égard aux jugements des peintres qu’à ceux des poètes. De l’art de reconnaître la main des peintres. 452
Section 28. Du temps où les poèmes et les tableaux sont appréciés à leur juste valeur. 455
Section 29. Qu’il est des pays où les ouvrages sont plus tôt appréciés à leur valeur que dans d’autres. 458
Section 30. Objection tirée des bons ouvrages que le public a paru désapprouver, comme des mauvais qu’il a loués et réponse à cette objection. 465
Section 31. Que le jugement du public ne se rétracte point, et qu’il se perfectionne toujours. 471
Section 32. Que, malgré les critiques, la réputation des poètes que nous admirons ira toujours en s’augmentant. 475
Section 33. Que la vénération pour les bons auteurs de l’Antiquité durera toujours s’il est vrai que nous raisonnions mieux que les Anciens. 485
Section 34. Que la réputation d’un système de philosophie peut être détruite. Que celle d’un poème ne saurait l’être. 502
Section 35. De l’idée que ceux qui n’entendent point les écrits des Anciens dans les originaux, s’en doivent former. 513
Section 36. Des erreurs où tombent ceux qui jugent d’un poème sur une traduction et sur les remarques des critiques. 524
Section 37. Des défauts que nous croyons voir dans les poèmes des Anciens. 525
Section 38. Que les remarques de critiques ne font point abandonner la lecture des poèmes, et qu’on ne la quitte que pour lire des poèmes meilleurs. 533
Section 39. Qu’il est des professions où le succès dépend plus du génie que du secours que l’art peut donner, et d’autres où le succès dépend plus du secours qu’on tire de l’art que du génie. On ne doit point inférer qu’un siècle sur 535
Troisième partie 540
Section 1. Idée générale de la musique des Anciens et des arts musicaux subordonnés à cette science. 544
Section 2. De la musique rythmique. 550
Section 3. De la musique organique ou instrumentale. 561
Section 4. De l’art ou de la musique poétique. De la mélopée. Qu’il y avait une mélopée qui n’était pas un chant musical, quoiqu’elle s’écrivit en notes. 566
Section 5. Explication de plusieurs endroits du sixième chapitre de la Poétique d’Aristote. Du chant des vers latins ou du carmen. 579
Section 6. Que dans les écrits des Anciens, le terme de chanter signifie souvent déclamer, et même quelquefois parler. 587
Section 7. Nouvelles preuves que la déclamation théâtrale des Anciens était composée et qu’elle s’écrivait en notes. Preuve tirée de ce que l’acteur qui la récitait était accompagné par des instruments. 592
Section 8. Des instruments à vent et à corde dont on se servait dans les accompagnements. 599
Section 9. De la différence qui était entre la déclamation des tragédies et la déclamation des comédies. Des compositeurs de déclamation. Réflexions concernant l’art de l’écrire en notes. 604
Section 10. Continuation des preuves qui montrent que les Anciens écrivaient en notes la déclamation. Des changements survenus vers le temps d’Auguste dans la déclamation des Romains. Comparaison de ce changement avec celui qui est arrivé dans notre 613
Section 11. Les Romains partageaient souvent la déclamation théâtrale entre les deux acteurs, dont l’un prononçait tandis que l’autre faisait des gestes. 622
Section 12. Des masques des comédiens de l’Antiquité. 627
Section 13. De la saltation ou de l’art du geste, appelée par quelques auteurs la musique hypocritique. 640
Section 14. De la danse ou de la saltation théâtrale. Comment l’acteur qui faisait les gestes pouvait s’accorder avec l’acteur qui récitait. De la danse des chœurs. 651
Section 15. Observations concernant la manière dont les pièces dramatiques étaient représentées sur le théâtre des Anciens. De la passion que les Grecs et les Romains avaient pour le théâtre, et de l’étude que les acteurs faisaient de leur art 657
Section 16. Des pantomimes, ou des acteurs qui jouaient sans parler. 665
Section 17. Quand ont fini les représentations somptueuses des Anciens. De l’excellence de leurs chants. 680
Section 18. Réflexions sur les avantages et sur les inconvénients qui résultaient de la déclamation composée des Anciens. 685
Première partie (p. 25-268) 694
Deuxième partie (p. 269-540) 700
Troisième partie (p. 541-693) 707
Bibliographie établie par Dominique Désirat 716
Table des matières 718