Moderne sans être occidental. Aux origines du Japon aujourd'hui

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On a longtemps confondu la modernité avec la forme prise par le développement historique des sociétés occidentales. Selon Pierre-François Souyri, l’histoire récente montre au contraire que la modernité telle que nous la concevions n’était que l’aspect particulier d’un phénomène mondial.
Au Japon, elle a émergé au moins autant de la pensée japonaise et chinoise que de concepts venus d'Occident : dans les années 1880, la lutte pour la liberté et les droits du peuple et pour un régime constitutionnel s’abreuve des classiques chinois plus que des idées rousseauistes ; celle contre la destruction de la nature par le système industriel puise ses inspirations dans une cosmologie de l’harmonie entre l’homme et l’univers ; le féminisme, qui apparaît dès les années 1910, trouve certaines de ses référence dans le shintô ; et le premier socialisme se nourrit d’une vision du monde largement confucéenne.
Par ses remplois d’idéologies du passé, la modernisation japonaise oblige à relativiser le statut exemplaire de l’expérience occidentale. Cette modernisation a de fait fonctionné autant comme le rejet du modèle occidental que comme son adoption. Pourtant, son rythme et les questionnements qu’elle suscite ont été identiques à ceux de l’Occident. Pierre-François Souyri peut dès lors poser ce souriant paradoxe : une grammaire commune de la modernité peut-elle puiser à des sources différentes?

Table des matières

Table des matières
Couverture 1
Titre 5
Copyright 6
Avertissement 7
Introduction 9
1. La tentation de l’Occident 31
Des lumières à la Japonaise 32
Voir de ses propres yeux 38
Traduire 46
Le ralliement 56
Réformer les esprits 63
Débattre 68
Une histoire d’un nouveau genre 79
Gang des moustaches et salles de bal 87
2. Le goût de la liberté 97
Les déçus de Meiji 100
Droits de l’État ou droits du peuple ? 116
Une floraison d’associations 126
Le pouvoir vacille 132
Et les femmes ? 145
Le Rousseau de l’Asie et « Les trois ivrognes » 155
La signification du mouvement pour la liberté et les droits du peuple 162
3. Un peuple, une nation, une culture 173
Les amis de la nation 178
Les promoteurs du génie national 186
Meiji comme révolution inachevée 199
Un nationalisme culturel d’un nouveau type 208
Le nationalisme culturel dans la guerre 217
4. Que faire de l’Asie ? 225
Laisser tomber l’Asie 227
L’Orient fantasmé 233
L’« Asie est une » 242
Le « désastre blanc » 247
De l’asiatisme à l’impérialisme 258
La critique de Kita Ikki 265
L’asiatisme et la guerre 269
5. Le nationalisme mystique d’État 277
Le kokutai et le tennô 283
Une synthèse de l’autochtonie, du confucianisme et du darwinisme social 291
« Tennôcratie » et bureaucratie 299
Les intellectuels sous le feu des médias 305
Kita Ikki : une critique radicale de l’idéologie impériale 323
Minobe Tatsukichi et l’orthodoxie libérale 328
6. Devant l’injustice 341
Contre la mine mortifère 343
La société des bas-fonds 363
La « tragique histoire des ouvrières » 368
Bonne épouse et mère avisée 378
« À l’origine, la femme était soleil » 387
7. Le capital en question 401
Aux origines du mouvement ouvrier 402
La lutte contre l’immoralité 409
La critique de l’impérialisme 418
Guerre à la guerre 424
La période est bloquée 434
En guise de conclusion 443
Remerciements 449
Index des noms japonais cités 451
Bibliographie 461
Table des matières 489
Présentation 491
Achevé de numérisation 492

Compléments