Considérations sur l'état des Beaux-Arts

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Ces derniers trente ans ont vu la multiplication des musées d'art moderne et la multiplication des écrits qui lui sont consacrés. Mais jamais on a aussi peu peint, jamais on a aussi mal peint. La pullulation d'objets hétéroclites qui ne ressortissent ŕ 'l'art' que par l'artifice du lieu qui les expose et du verbe qui les commente amčne ŕ poser la question : vivons-nous le temps d'un moderne tardif, au sens oů l'on parle d'une Spätgotik ?
Quelles sont les causes de ce déclin ? En transposant dans le domaine des formes le propos millénariste des Révolutions, la théorie de l'avant-garde a peu a peu fait entrer la création dans la terreur de l'Histoire. De ce point de vue, le primat de l'abstraction imposé aprčs 1945 aux pays occidentaux n'est que la figure inverse de l'art d'État que le réalisme socialiste a imposé aux pays soviétiques. Elle a entraîné une crise des modčles : inverse de celle du néo-classicisme qui rejetait la perfection de l'art dans le passé, elle a projeté dans le futur une perfection désormais inaccessible dans le temps. Elle a aussi entraîné une perte du métier : le n'importe quoi, le presque rien, l'informe et le monstrueux comme variétés de l'hybris moderne redonnent ŕ la querelle du Kunstkönnen et du Kunstwollen une singuličre actualité.

Table des matières

Table des matières
Considérations sur l'état des Beaux-Arts 1
I. Les relations d'incertitude 15
II. Cronos et Mnémosyné 31
III. Existence et persistance 57
IV. Modernité et avant-garde 67
V. L'avant-garde et le réalisme socialiste 79
VI. Le classique et le concret 105
VII. « Novum » et renouveau 113
VIII. « Kunstwollen » ou « Kunstkönnen » 125
IX. Le retour au dessin 135
X. Eloge du pastel 145
XI. Métier, mythe et mémoire 157
XII. « Apocalypsis cum figura » 179

Compléments