Comment on dit ça, «t'es mort», en anglais?

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  • Éditeur québécois

Nous ayant habitués à un théâtre fort, Claude Guilmain fait ici oeuvre
de poésie, accouchant de ses personnages avec des forceps. Bien qu’ils
fassent silence sur leur mal-être, ils hurlent d’urgence, revendiquent une
rencontre, une réconciliation in extremis. Ils se font violence, et on se
demande s’ils parviendront un jour à se traverser eux-mêmes, atteindre le
mot, le je t’aime salvateur ?

Connectés à leur pulsion de mort, ces trois hommes de la même
famille implosent en rappels éclairs devant nous. La mère est partie. Les
années passent souvent à reculons, sinon à rebrousse-poil, écorchant les
protagonistes qui pataugent dans le marécage du quotidien, livrés à leur
incapacité communicationnelle. Un homme, ça ne pleure pas. Un homme,
ça ne dit pas « je t’aime ». Assis à une table au milieu d’un terrain brûlé à vif
par les années de combat, les deux hommes n’échangent aucun coup de
feu. / Juste des banalités. / De leurs armures impénétrables, ni l’un ni l’autre
ne peut céder (page 19). Et il y a ce désordre des sentiments avortés qu’ils
ont en commun, qui leur ressemble, qui est leur filiation. Silence inéluctable
dans lequel ils se cachent, qui les repousse ; chacun dans son amour-haine,
dans sa solitude castratrice.

Compléments