Corps étranger
  • Éditeur québécois

Le Quartanier réédite Corps étranger, de Catherine Lalonde, qui a remporté en 2008 le prix Émile-Nelligan. Cette œuvre confronte désir et sauvagerie, lyrisme et prosaïsme, s’adressant à ce qui excède, à l’autre, à ce qui fait mal, la parole s’incarnant au cœur de la rencontre sexuelle. Impossible de ne pas mesurer, plus de dix ans après la parution du livre aux éditions Québec Amérique, toute la puissance de cette langue, inventive et riche d’une tradition poétique québécoise reprise à son compte et au plus près du corps. La poète se donne par nécessité cette langue propre, c’est-à-dire sale, poétique, vulgaire, sublime, la langue de la mauvaise fille mauvaise héritière, dont le corps, la douleur, la jouissance, la mémoire et tant de noms de femme ont un impérieux besoin – pas moins aujourd’hui qu’hier.

Tu prends mes côtes tu les sépares tu manges
mon cœur à mains nues
de vieilles bouchées de légende
salmonellose mon sacrament et tes menteries d’aorte

je regarde ailleurs et tu arraches mes seins
deux pendentifs made in Taïwan
un pour toi un pour moi
souvenirs en forme d’âme cheap
de fleur de lys Dollarama.