Volume 40, numéro 1, 2004 - Réécrire au féminin : pratiques, modalités, enjeux

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Volume 40, numéro 1, 2004 - Réécrire au féminin : pratiques, modalités, enjeux
  • Éditeur québécois

Pratique littéraire adoptée depuis le Moyen Âge et choyée particulièrement par les érudites et les lettrées de la Renaissance, la réécriture, procédé similaire à celui de la contrafacture en musique, loin cependant de celui des copistes en peinture, est une manière de faire la révérence aux prédécesseurs dans le but de s’inscrire dans une tradition littéraire. La référence à un texte modèle peut être plus ou moins explicitement énoncée dans l’oeuvre ou plus ou moins laissée en suspens, abandonnée au décodage de la lectrice/du lecteur. De toutes les manières, la réécriture passe par l’emprunt en créant ainsi l’inter-texte avant de prendre forme dans l’hypertexte. Or, si s’interroger sur la question de la réécriture signifie s’intéresser à la fois à celle de l’écriture, de la lecture et de l’écriture de la lecture, la réécriture se donne d’abord à voir comme un effet de lecture ; lecture qui s’avère chez certaines auteures une relecture au deuxième ou troisième degré des grands textes fondateurs. Ainsi la double démarche de relecture-réécriture met-elle en place une riche circulation entre les textes tout en installant une frontière fluide entre le modèle générateur et le nouveau texte ; elle suppose la connaissance intime d’un important corpus littéraire et incite à la réflexion sur la réception et la perception d’une oeuvre.