Le revers
  • Éditeur québécois

Au verso des romans Harlequin, à l’opposé de ces hommes aux mains puissantes et à la mâchoire carrée, résolus, qui guident la voie d’une jeune vierge amourachée et confuse, il y a le revers.

Le revers, ce sont les têtes qui tombent, la galaxie des garçons connus, perdus. Si l’amour est une chorégraphie, un combat, je refuse d’en exécuter les gestes docilement. J’écris ces poèmes comme des coups de poing sur la table, comme on renverse la table. J’écris ces poèmes dans l’espoir de devenir, mains puissantes et mâchoire carrée, celle qui raconte l’histoire, qui nomme, qui désigne, qui choisit le sens. Or mes mains sont petites et le sens est en miettes, c’est mieux comme ça. Il n’y a plus de haut, plus de bas, il n’y a plus d’équinoxe, j’ai rassemblé mes forces, voici mes forces.

R. D.