De quoi l’effondrement est-il le nom ?

La fragmentation du monde

De quoi l’effondrement est-il le nom ?

Et si notre civilisation était au bord de l’effondrement ?Loin d’être réservée aux scénaristes de science-fiction, cette interrogation est de plus en plus pertinente pour de nombreux chercheurs/euses de tous horizons. Les « crises » financière, économique, écologique, climatique, sociale, démocratique, identitaire, politique... ne sont-elles que des « crises », ou assistons-nous à la fin d’un modèle de société qui s’est étendu à l’ensemble du monde en quelques siècles seulement ?Pour autant, que peut signifier ce concept d’effondrement ?Devons-nous interpréter l’explosion des inégalités et des tensions sociales comme des signes avant-coureurs d’une nouvelle crise sociale ou comme ceux d’un effondrement civilisationnel, comme ce fut le cas pour l’empire romain ou la civilisation maya ?Partant de ces questions, ce livre a pour but d’interroger cette notion, en particulier sous l’angle des ségrégations sociales et spatiales. On en vient alors à considérer l’effondrement comme la conséquence probable d’un monde de plus en plus fragmenté, dans lequel coexistent des personnes renfermées sur leur prospérité derrière des murs sans cesse plus hauts, alors que de l’autre côté toujours plus de populations subissent les conséquences des crises multiples.Une fois analysée sous l’angle de leurs responsables, l’amplification annoncée des catastrophes prend un tout autre visage, permettant à l’auteur de poser les bases d’un nouveau système plus juste et plus durable.Avec lucidité, l'auteur décrypte les différentes crises qui affectent notre monde et pose un diagnostic chargé d'espoir.EXTRAITSelon le vocable suivi par la majorité des médias et des économistes, nous sommes depuis plusieurs années dans une situation de « crise ». Cette dernière serait non seulement financière et économique mais également écologique, sociale, politique, identitaire, etc. Pourtant, ce que traversent nos sociétés est beaucoup plus profond. Alors que le concept de crise suppose un retour à la « normale », notre civilisation industrielle capitaliste est à bout de souffle, étouffée par ses contradictions internes ainsi que par des limites écologiques toujours plus préoccupantes. D’où l’émergence d’un concept de plus en plus récurrent pour désigner la situation actuelle, celui d’effondrement.À PROPOS DE L'AUTEURRenaud Duterme est licencié en sciences du développement et de la population de l’Université Libre de Bruxelles. Il enseigne la géographie en Belgique et est membre actif du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde). Il est l’auteur de Rwanda, une histoire volée, éditions Tribord, 2013 et co-auteur avec Éric De Ruest de La dette cachée de l’économie, Les Liens qui Libèrent, 2014.