Le Linceul de l'aube

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Le Linceul de l'aube

Une rencontre improbable où l’indignation va laisser place à la violence...Chômage, solitude, fermeture d’usines... Lorsqu’ils se rencontrent, les deux héros de ce nouveau roman noir de Joël Nivard essayent de survivre dans une France en crise. Fred vient de fermer sa boîte, le chômage de ses employés pèse sur ses épaules, il s’inquiète face à l’avenir qui s’annonce incertain. Zina, 46 ans, ancrée dans une profonde solitude, comble ses journées à ressasser un passé trouble...Dans ce roman noir, l'auteur décrit avec une précision chirurgicale la détresse d'une France en crise.EXTRAITVarlaud les observe. Les sorties d’usine, ça lui rappelle invariablement son père, quand tout gosse, sa mère l’amenait l’attendre, à la fin de la journée, les soirs de printemps, quand il faisait doux et qu’en remontant le faubourg, ils s’arrêtaient au café pour boire un coup avec les copains, et que lui, il avait droit à la grenadine à l’eau. Il les écoutait dans la pièce enfumée, pourtant ouverte sur la rue, refaire la journée. Le monde d’aujourd’hui et prédire celui de demain. Quand ils repartaient, son père un peu ivre de fatigue et de mauvais vin serrait contre lui la taille de sa mère, le soir descendait sur la ville, ça empestait le lilas et les premiers hannetons bourdonnants venaient fracasser leurs ailes sur les lampes des réverbères qui s’allumaient. Il marchait devant et relevait les insectes que leur chute laissait sur le dos, assommés et maladroits, agitant frénétiquement leurs mandibules dans le vide. — Ça ne te manque pas à toi les hannetons ?Une fois encore, Michetaud ne sait trop quoi répondre. Il amorce un commentaire bredouillé mais déjà Varlaud ne l’écoute pas. — Bon, on n’a plus rien à faire ici.À PROPOS DE L'AUTEURJoël Nivard est né à Limoges où il a passé toute une carrière de commercial, il vit toujours dans cette ville qu’il a longuement évoqué dans les pièces de théâtre qu’il a écrite et qui ont été jouées à Limoges comme Limoges avril 1905 ou Les chroniques du trolley. Il a publié 2 romans : Loser en 1983 aux Éditions Denoël et On dira que c’est l’été, deux ou trois jours avant la nuit aux Éditions Albin Michel en 1986. Son théâtre On pourra pas dire qu’il a pas fait beau aujourd’hui, Rien n’arrive pour rien, Limoges, avril 1905, T’avais qu’à prendre le trolley et Faut-il abattre les tringleurs de rideau ? est publié aux Éditions Le Bruit des Autres. Il aime la nuit, le vin, le roman noir et le rock’n’roll qu’il consomme sans modération.