Le sacrifice de Merlin
  • Éditeur québécois

J’ai tant de noms: Myrddin, Aerlin ou Myrdhin, mais dans la culture populaire, je m’appelle simplement Merlin, je suis un enchanteur, certains disent le plus grand de tous les temps. J’aime à le croire, mais j’en doute profondément, car je suis enfermé depuis de nombreux siècles dans cette tour invisible recouverte par une surcouche de transparence. J’ai renoncé depuis longtemps à protéger ma lignée. J’ai fait ce que j’ai pu pour garder le contact avec mes héritiers. J’ai ri à leurs oreilles pour leur donner la force de continuer sans moi. Je les ai souvent inspirés, j’ai quelques fois insufflé ma magie et ma folie dans leur esprit, et je les ai toujours aimés à travers les années qui sont passées. Malheureusement, je n’avais pas prévu l’horreur qui menaçait le paradis perdu. Je ne m’évertue pas à rendre le monde meilleur; j’ai essayé, mais en fin de compte, je n’y suis jamais parvenu. J’aurais aimé être un oiseau pour m’envoler et me poser sur l’épaule de mon dernier descendant, lui expliquer que, parfois, il ne suffit pas d’être brave ni malin; il suffit d’espérer, de croire et de ne pas renoncer. J’ignore encore où la suite de l’aventure nous conduira, mais je suis certain qu’elle sera épique. Le genre de récit qui sera conté et chanté par les bardes dans un coin magique de la forêt de Brocéliande quand les enfants de vos enfants seront grands et qu’ils feront partie de cette génération qui croit en l’avenir. Cette histoire commence au moment où la légende s’arrête.

Merlin