Kurdistan : Poussière et vent

Parce que pour connaître les peuples, il faut d’abord les comprendre.Les Kurdes sont loups et bergers. Leur sens de l’hospitalité n’a d’égal que leur caractère de montagnards trop souvent contraints par l’histoire de lutter pour leur liberté.Redoutable défi, donc, que ce petit livre publié à l’heure où le Kurdistan, dans l’ombre de la guerre qui ensanglante la Syrie et l’Irak, s’efforce d’offrir un destin à ce peuple éclaté entre plusieurs pays.Le Kurdistan est fait d’hommes et de femmes, de pierres, de poussière et de vent. Le soleil et le froid y marquent les corps et les âmes. Mais le Kurdistan n’est pas que tragédie. La danse et le goût de la fête font resurgir la sève des montagnes.Ce petit livre n’est pas un guide. C’est un décodeur. Il nous raconte, avec les mots de la passion et l’exigence de la vérité, cette société qui apprend aujourd’hui à s’ouvrir. Parce qu’on ne comprend pas le peuple kurde sans l’aimer. Et sans le regarder en face.Un grand récit suivi d’entretiens avec Frédéric Tissot (La religion n'est pas une composante de l'identité kurde), Nazand Begikhani (L'image de la femme kurde libre est un mythe) et Hiner Saleem (La fierté des Kurdes, c'est le refus de la soumission).Un voyage historique, culturel et social pour mieux connaître les passions kurdes. Et donc mieux les comprendre.EXTRAITKurdistan. Dans le coeur et l’âme de ceux qui l’aiment, et surtout de ceux qui en sont faits, cette nation sans État, cette matrie est d’autant plus vivante. Elle irrigue ses montagnes et ses plaines, coule comme son miel et son lait, elle est la sensation de la laine dans la main. Elle roule et gronde sous les pas comme les pierres de ses montagnes, elle fait mûrir le raisin des vergers et se nourrit des figues de Shaklawa ou d’Amadie, celles qui sont si longues à mâcher à l’automne. On ferme les yeux et on se souvient de la truite ou du chabut pêché en famille ou avec des amis. On l’enfile sur une tige, le ventre plein d’oignons, on l’assaisonne de citron et de sumac lors d’un pique-nique familial dans la montagne. On revoit les soeurs préparer longuement les kobbeh, la farce de viande agrémentée d’herbes, d’amandes effilées, de petits raisins hachés, puis la pâte de boulgour façonnée en petits nids au creux des mains.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE- "[...] Belle et utile collection petit format chez Nevicata, dont chaque opuscule est dédié à un pays en particulier. Non pas un guide de voyage classique, mais, comme le dit le père de la collection, un «décodeur» des mentalités profondes et de la culture. Des journalistes, excellents connaisseurs des lieux, ont été sollicités [...]. A chaque fois, un récit personnel et cultivé du pays suivi de trois entretiens avec des experts locaux. - Le Temps- "Comment se familiariser avec "l'âme" d'un pays pour dépasser les clichés et déceler ce qu'il y a de juste dans les images, l'héritage historique, les traditions ? Une démarche d'enquête journalistique au service d'un authentique récit de voyage : le livre-compagnon idéal des guides factuels, le roman-vrai des pays et des villes que l'on s'apprête à découvrir." - Librairie Sciences PoÀ PROPOS DE L'AUTEURSophie Mousset se rend très fréquemment au Kurdistan depuis une quinzaine d’années. Elle vit aujourd’hui près de Nantes et travaille notamment auprès d’organismes kurdes.