Le Peintre et la voyageuse

Rêvé ou fantasmé, l’Orient interroge les mœurs européennes, et le harem centralise l’ensemble de ces divagations.Peuplés d’odalisques lascivement alanguies, les harems sont représentés par les artistes comme des lieux de permissions et de perdition, à l’instar de L’Odalisque à l’esclave de Jean-Auguste-Dominique Ingres.Dans Le Peintre et la voyageuse, Ingres, tourmenté et en manque d’inspiration, fuit Paris et s’isole à la campagne. Il retrouve la confiance et l’envie de créer grâce à la compagnie de lady Montagu, voyageuse indépendante et libérée, célèbre dans toute l’Europe pour ses carnets d’Orient.Bien que ces deux personnages aient vécu à un siècle d’écart, Patricia Almarcegui les rassemble dans ce roman savoureux dont la lecture nous entraîne à travers les salles du Louvre et dans les débats passionnés qu’entretiennent ensemble Ingres, Delacroix, Baudelaire ou Nerval, mais aussi sur les voies de la passion entre deux grands visionnaires.Une brillante et savoureuse uchronie sur la représentation de la femme dans l’art et sur la place de l’art dans la société.EXTRAITIl avait peur. Pour la première fois de sa vie, il s’était aperçu qu’il n’éprouvait plus de désir. Les femmes, les corps et la peau avaient disparu. Inutile de regarder, du moins comme autrefois. Et cela lui rappelait qu’il venait de perdre le seul sens qu’il ait su utiliser : la vue. Il songea qu’il avait rêvé pendant longtemps que le désir disparaisse, pour enfin pouvoir vivre en paix. Mais maintenant que cela venait de se produire, il ne parvenait pas à s’expliquer comment et, ce qui était pire, s’il reviendrait. C’était dramatique : ne plus désirer, plus jamais. Il baissa la tête, tendit les doigts et, avec les pouces, alla toucher le bout de chacun d’eux, tentant par là de mieux les sentir. Puis il passa l’index sur ses lèvres et attendit. Il remarqua qu’il ne réagissait plus, même à l’humidité. S’il avait le courage de se regarder dans un miroir, il verrait que ses lèvres avaient perdu leur couleur : le sang du désir.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « Une des voix les plus sensibles et belles de la littérature de voyage. » - El País« Poétique, mesuré et sensuel. » - lesmiscellaneesdepapier.com« L’écrivain nous propose un voyage de toute beauté et extrêmement enrichissant. » - arthemiss.comÀ PROPOS DE L'AUTEURPatricia Almarcegui est écrivain et professeur de littérature comparée. Elle est spécialiste de la littérature de voyage et de l’orientalisme. Grande voyageuse elle-même, elle a arpenté le Caucase, le Moyen-Orient, le Sri Lanka ou encore le Japon. Le Peintre et la voyageuse est son premier roman.