Le triomphe de la scène intermédiale
  • Éditeur québécois

À Paris, entre la fin du xixe siècle et le début des années 1930, le cinéma, le disque et la radio triomphent. Dans ce monde du divertissement de plus en plus dominé par l’artifice, le médiatisé et le « reproduit », le théâtre s’affirme comme l’une des ultimes enclaves de vérité, à cause, notamment, de la présence de « vrais » acteurs rencontrant un « vrai » public. Pourtant, ses artisans n’en recourent pas moins aux mêmes technologies de reproduction de l’image et du son que celles qui font le succès des grands médias.

Par l’examen attentif de documents d’archives et de « relevés de mises en scène » de dizaines de spectacles, les auteurs de ce livre révèlent une histoire du théâtre de la modernité aux antipodes de celle vantée par le discours qui a traversé tout le xxe siècle et qui reste encore très prégnante à l’ère numérique. L’image qu’ils dégagent est celle d’un art qui n’hésite pas à intégrer tous les moyens susceptibles d’accroître l’efficacité et l’attractivité de la représentation. En examinant également les dynamiques intermédiales – entre théâtre, cinéma et littérature – qui s’instaurent avec le développement rapide des technologies électriques, les auteurs montrent bien comment le théâtre de la modernité perpétue une tradition plus de deux fois millénaire.

Jean-Marc Larrue est professeur d’histoire et de théorie du théâtre à l’Université de Montréal. Giusy Pisano est professeure de cinéma à l’École nationale supérieure Louis-Lumière de Paris.

Table des matières

Table des matières
Le triomphe de la scène intermédiale 1
introduction 7
Présence et coprésence: un détournement de sens 8
L’influence des archives 12
Hypermédialités du théâtre: en deçà des frontières 14
L’émergence d’un nouveau spectateur 18
Présences de la lumière 21
Présences sonores 22
Coprésence d’imaginaires 23
Praxéologie de la mise en scène 25
Avant-scène 27
Chapitre 1 29
Promenades monnayées: flânerie, corporéité et cinéma au music-hall 29
Présences de la lumière 47
Chapitre 2 49
Des pièces françaises aux productions américaines à grand spectacle: David Belasco et Kiki 49
Coprésence et dédoublement: «lumière» sur le héros-crimineldans Le procureur Hallers (1913) 69
Chapitre 3 69
Présences sonores 87
Chapitre 4 89
Naturalisme et musique: fonctions des airs et des références musicales dans les adaptations théâtrales de Zola à la fin du XIXe siècle 89
La radio sur la scène théâtrale (1925-1948) 105
Chapitre 5 105
Chapitre 6 115
Percussification de la culture sonore après 1900: les indices du fonds des comédies de l’Association de la Régie théâtrale 115
Coprésence d’imaginaires 135
Imagerie populaire, petits métiers et tournant industriel: La porteuse de pain 137
Chapitre 7 137
Chapitre 8 155
Coprésence de l’absente: le cinéma et son double dans les pièces La course à l’étoile (1928)et Les frénétiques (1929) 155
Chapitre 9 169
Rain – Pluie – Paysage sonore – Sharawadji 169
Praxéologiede la mise en scène 181
Les mises en scène de Raymond Rouleau: la pensée intermédiale d’un théâtre de situations 183
Chapitre 10 183
Chapitre 11 207
La conduite son dans les relevés de mise en scène (1920-1950): évolution d’une pratique et d’une écriture du son 207
Notices biographiques 227
Théâtre 231
Bibliographie 231
Cinéma 241
Intermédialités et transversalités 246
Ouvrages d’intérêt général 252
Table des illustrations 255
Table des matières 257