Les Chaînes 1890-1930

Des femmes en quête de droits et de libertés...Clémence n’a toujours désiré qu’une seule chose : mener une vie libre. Mais dans ce début de XXe siècle où la moindre revendication féministe est considérée comme une atteinte aux bonnes mœurs, le chemin sera long avant qu’elle n’accède enfin au bonheur. La première guerre mondiale, son sens des affaires et son amour de la mode feront d’elle, après bien des combats, une femme profondément moderne.De 1890 à nos jours, cette fresque romanesque décline en trois tomes, à travers le destin de deux familles, la lutte et les avancées qui ont permis aux femmes de s’imposer dans une société gouvernée par les hommes et d’y jouer un rôle de tout premier plan.EXTRAITÀ peine Clémence eut-elle poussé son premier cri, ce jour de juin 1890, qu’Alphonse se détourna de l’enfant, déçu de constater qu’il s’agissait d’une fille. Il escomptait qu’après lui avoir déjà donné un fils quatre ans plus tôt, Émilienne assurerait sa descendance en mettant au monde un second héritier mâle. Il avait spéculé sur cette naissance comme il spéculait sur le rendement des ouvriers de sa fabrique de textile, persuadé que, partie sur sa lancée, sa femme lui pondrait des garçons à la chaîne. Encouragé par ce qu’il avait qualifié à l’époque de « bon début », il la voyait programmée pour produire à chaque grossesse un nouveau spécimen doté d’un pénis, seul attribut propre à défendre l’orgueil de son nom. Il s’était détourné de la chose vagissante que lui présentait la sage-femme avec un tel dédain, racontait Jeannette, qu’Émilienne s’était sentie honteuse de n’avoir été capable de sortir du ventre qu’il avait ensemencé que ce fruit décevant : une fille.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUEQuelle histoire, quel roman incroyable sur l'évolution du statut des femmes ! - Blog Chez LaviniaÀ PROPOS DE L'AUTEURAlain Leblanc est né à Paris en 1951. Fils unique d’une mère célibataire, il découvre l’univers des livres, dès l’âge de onze ans. Les personnages de roman deviendront ses compagnons de jeu, et les écrivains ses pères de substitution. Ce sont eux qui l’initieront à la complexité des sentiments et de l’existence.En 1973, à vingt-deux ans, il choisit le journalisme et fait ses débuts à Combat dans la rubrique spectacle. En 1983, il entre à Paris-Match où il met à l’honneur les grands écrivains, dont Alberto Moravia, Henri Troyat, Hervé Bazin, Anthony Burgess, Graham Greene…, mais aussi des figures comme Léo Ferré, Peter Brook, Eugène Ionesco, Henri Verneuil, Philippe Noiret ou Michel Audiard, auxquelles il consacre des interviews remarquées.Couronné à vingt-cinq ans par le prix de la Vocation pour son premier roman Une fille pour l’hiver (Flammarion), il se consacre à l’écriture en marge de ses activités de journaliste. Suivront de nombreux romans dont plusieurs seront adaptés au cinéma et à la télévision.