À l’œil nu
  • Éditeur québécois

Moi qui affectionne tant l’esprit, l’esthétique baroque, j’avais pourtant une obsession, tenace et aussi bénigne qu’un ulcère : celle de «désencombrer le regard», à travers ce que j’écrivais là, au point de croire devoir absolument lui donner le titre que voilà, À l’œil nu. Mais pourquoi donc? Pourquoi donc? Désencombrer le regard de quoi, au juste? Le rendre «nu», ou délesté, de quoi, donc? Il m’est encore difficile et comme insupportablement douloureux de répondre à ça. Je n’ose évoquer, par exemple : les a priori innombrables, les images en flot continu, dans lesquels nous baignons, naturellement. Cela paraît si évident, et d’une bien-pensance terrible. Et puis, surtout, comme j’y baigne moi-même, naturellement, autant dire que je suis trempée jusqu’aux os — M. R.