Barbare amour
  • Éditeur québécois

Au milieu de choses où vivre – un divan gris, une fenêtre, un meuble ancien – s’installent, en couple, ces petits poèmes. L’élan d’amour y est comme toujours intranquille, une invasion mutuelle d’intimités. Il est désir impérial de partager le secret, de s’emparer de la vie de l’un en la livrant à l’autre ; volonté de tenir à deux, par-devers soi, sous l’assaut tendre. Il ouvre la conscience à ses antécédents, dispose les cœurs à la matière, puis toute carence à une forte profusion.

Le poète voudrait doucement tirer de la volupté amoureuse une sensibilité réflexive, une manière d’objectivité sentimentale qui doublerait l’intime sous l’universel d’une expérience adoubée à elle-même, confinée au monde par ses propres phénomènes.

Bon an, mal an, le dessein du poète demeure encore de trouver de la beauté dans le poème, d’oser y voir un peu de dignité aussi, qui sait, du petit réel, des densités locales, des vérités toutes ordinaires.