Des morts des vivants et des choses
  • Éditeur québécois

Cette ethnographie est issue d'un travail de terrain dans le territoire des Antankarana. Elle traite de pratiques locales de résistance liées au développement de la pêche crevettière dans la baie d'Ambaro, au nord-ouest de Madagascar. Sorcellerie, tabous et culte de possession maintiennent les formes du pouvoir ancestral sur un territoire dit sacré par les autochtones notamment en raison d'événements historiques. L'ethnographie s'appuie sur une diversité d'approches (anthropologie des émotions, religieuse, politique et économique) afin de dépeindre dans une visée holistique la culture étudiée. Dans la communauté récente d'Ambavan'ankarana, les Antankarana et les immigrants, issus de régions et de traditions diverses, sont en quête des bénéfices engendrés par la valorisation de la pêche et l'abondance de la ressource marine. Mais tous les résidents ne partagent pas la valeur sacrée de ce site. Cette étude révèle une gestion locale et régionale du rapport d'altérité, de la transmission du savoir ainsi que du lien dialectique entre le local et le global. Garantes de la bonne entente entre les ancêtres et les vivants, les femmes sont des actrices de premier plan dans les transformations identitaires de leur communauté. Cette ethnographie se démarque par l'intégration des relations intersubjectives entre l'observateur et l'observé, dévoilant les aléas du travail de terrain.?