Vents froids

D’un port américain de la côte Est partit un jour d’hiver 1874 une goélette au chargement mystérieux. Elle n’atteignit jamais les côtes irlandaises où l’attendaient les membres d’une société secrète.Quel fut le destin de la Laura A.Dodds ? Pourquoi son commandant, tout fraîchement nommé à son bord ne put jamais témoigner, tout comme beaucoup des membres de l’équipage ainsi que les passagers, et quelles étaient les motivations de ces derniers qui affrontèrent l’Atlantique pour rallier la lointaine Europe ? Que renfermait donc ce coffre lourd amené de nuit par une carriole anonyme sur les quais de Boston ?Des personnages, au caractère bien trempé, venant d’horizons différents vivent à travers ces pages une aventure qui transformera radicalement leur vie. Tous acteurs d’une tragédie qui laissera certains d’entre eux marqués à jamais et qui donnera à d’autres— les plus forts ou les plus malins—, le choix d’être maîtres ou bien de disparaître dans les vents froids des bancs de Terre-Neuve.EXTRAIT— Christ ! On va droit d’ssus !— Crois-tu ? On va changer d’cap, pour sûr !— C’est ben trop tard mon gars. On va y avoir droit.Les deux robustes matelots perchés à vingt mètres au-dessus du pont se cramponnaient comme ils le pouvaient, tout comme leurs cinq camarades alignés le long de la vergue. Leurs pieds tentaient de maintenir un équilibre instable sur le marchepied. Le ventre appuyé sur l’espar, ils ferlaient la voile, crochant dans la toile rugueuse, « une main pour soi, une pour l’armateur ». Le vent avait nettement forci depuis une heure et le capitaine avait attendu le dernier moment pour envoyer les gabiers diminuer la voilure. Les haubans vibraient comme des cordes de violon en une mélodie apocalyptique, les embruns volaient jusqu’à hauteur de la basse vergue et la température avait soudainement chuté. Benjamin et Joseph, tous deux pays d’un même petit port sur la côte est des États-Unis tentaient de distinguer quelque chose devant eux, tout en serrant la toile au maximum. Sur le pont, juste en dessous, le capitaine tentait de faire de même, appuyé de guingois le long du râtelier de bas-mât.— Carguez la misaine ! Du monde aux bras ! Plus vite que ça nom de Dieu !À PROPOS DE L'AUTEURJean-Marie Pen est amateur de lectures variées — de la BD aux romans —, mais surtout attiré par les histoires fantastiques ; il a longtemps hésité avant de prendre la plume, préférant avant cela le pinceau pour des portraits à l’huile. Après une enfance passée à Saint-Pierre et Miquelon, il exerce plusieurs métiers en métropole et vit aujourd’hui à Nantes, se consacrant entièrement à la peinture et à l’écriture. Vents Froids (dont une partie se passe à Saint-Pierre et Miquelon) est son troisième roman et fait écho à Sangs Froids paru également aux éditions Ex Aequo.