Sans emploi

La technoscience place les sociétés industrielles avancées face à un dilemme. Alors que la production de richesses s’est emballée ces cinquante dernières années, le travail humain nécessaire s’est parallèlement réduit. L’équation est contre-intuitive mais imparable : moins d’effort humain pour produire plus et mieux. Donc de plus en plus de chômage. Cette situation d’abondance objective a ainsi, paradoxalement, engendré une crise économique et sociale majeure, qui a progressivement dégénéré en crise morale et politique.

Table des matières

Table des matières
Couverture 1
Présentation 3
Raphaël Liogier 4
Sans emploi 5
Le chômage n’est pas un problème 9
Introduction 9
Un monde sans emploi 12
La sortie du capitalisme 15
Amorcer un changement systémique 17
L’accomplissement de la modernité 20
Le progrès technique n’agrandit plus le marché de l’emploi 23
1. Une productivité inhumaine 23
Le pilotage par les machines 26
La robotisation dépasse l’automatisation 31
La technologie déreconstructive 35
De l’objet social à l’objet sociable 37
Robotique et bulles financières 40
Le redéploiement de l’activité humaine 43
2. Le mode de production interactif 47
L’économie du réseau 47
L’énergie infinie 49
La baisse générale des prix 52
La fin de la division du travail 54
Le cœur du système : le site de tous les sites sans lieu 56
Partage et optimisation de l’usage 58
La production interactive et décentrée 61
Le paradigme de la blockchain 65
Délitement du capitalisme mais pas du marché 68
Le marché en concurrence plus pure et plus parfaite 72
Économie collaborative et économie coopérative 74
L’éclatement de l’espace-temps laborieux 76
3. La faillite des politiques de l’emploi 79
L’irréductibilité du chômage 79
L’emploi n’est pas une richesse 83
Sortir de la logique des rustines 86
4. La flexibilité par le bas et le revenu d’existence 89
Besoin d’une réforme systémique 89
La signification du revenu d’existence 91
Nous sommes tous productifs 94
Quel montant ? 95
Le revenu d’existence n’est pas là pour combler le désir d’être 98
La sécurisation du risque 101
Fin du travailleur et donc fin du droit du travail 102
Sortir de la logique de l’encasernement 105
Les faux arguments contre le revenu d’existence 108
5. Les motifs du désir humain 113
La paresse n’existe pas 113
Le capitalisme est d’abord un fantasme 118
Deux motivations universelles : le sexe et l’argent 122
Les trois catégories de motifs humains 124
De l’économie de subsistance à l’économie de rareté 126
Le christianisme préindustriel 129
Le travail érigé en motif de désir 131
Droit au travail et droit du travail 132
6. Le temps du désir d’être 137
Genèse de l’économie d’abondance 137
La destitution de la valeur travail 139
Les hippies et l’esprit d’entreprise 141
Le burn out est un bore out 143
7. La flexibilité par le haut et l’impôt sur le capital 147
Imposer la richesse réelle 147
La responsabilité de la richesse 151
La véritable sélection des meilleurs 153
Capital mort et capital vivant 156
La flexibilité par le haut 157
La série des objections 160
La fuite de la richesse 162
Compétition et justice 164
Rendre le profit profitable 166
8. Sortir du fantasme de la propriété exclusive 171
Les propriétés de la propriété 171
La propriété est toujours démembrée 174
La propriété privée n’existe pas 175
La fin du fétichisme de la marchandise 178
9. La vraie finalité de la modernité 181
Modernité et travail 181
L’anoblissement universel 183
La solution transitoire du travailleur universel 186
L’oubli de la finalité 188
Le dégoût du travail, accomplissement de la modernité 191
Le pouvoir de la créativité 193
Portrait de l’ingénieur en artiste 195
De l’illusion industrielle du travail pour tous à l’idéal postindustriel de l’œuvre pour chacun 197
Libéralisme et solidarité 203
Conclusion. Vers le libéralisme réel 203
La théologie bourgeoise 205
Se libérer du populisme antilibéral 207
La fausse alternative entre capitalisme et socialisme 208
Notes 213