La révolution culturelle du capital

Le capitalisme cybernétique dans la société globale de l'information

Livre numérique

La révolution culturelle du capital
  • Éditeur québécois

Titre du roman dystopique de George Orwell, 1984 constitue une année charnière, tant d’un point de vue factuel que symbolique, dans les mutations du capitalisme: on assiste aux premières déréglementations du secteur des télécommunications aux Etats-Unis qui marquent le passage à une «société globale de l’information», caractérisée par un capitalisme cybernétique. Cette même année, Apple lance son tout premier ordinateur Macintosh sous le slogan: «Il était temps qu’un capitaliste fasse une révolution.»

Décryptant ces mutations, Maxime Ouellet démontre qu’à l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), le capital instaure une révolution culturelle permanente. D’un monde encore régulé normativement par la culture et se reproduisant au moyen d’institutions politiques, la globalisation capitaliste marque le passage à une nouvelle ère où la communication cybernétique s’érige en tant qu’instance suprême de régulation de la pratique sociale où toutes les normes et valeurs sont remplacées par la seule loi de la valeur marchande. Une véritable révolution culturelle est ainsi en voie de réaliser le fantasme de tous les régimes totalitaires antérieurs, soit la production d’un «Homme nouveau».

Or, la théorie critique actuelle peine à saisir les réelles implications de ces nouvelles dynamiques capitalistes. Selon l’auteur, les discours tant technophiles que technophobes portant sur les TIC doivent être dialectisés afin de ne plus faire l’impasse sur la nature profonde de ces transformations, qui relèvent en fait de l’économie politique. Autrement dit, il faut chercher à concilier critique de l’économie politique et critique de la culture, et remettre les abstractions réelles (marchandise, valeur, capital, travail) au cœur de toute critique du capitalisme. En ce sens, La révolution culturelle du capital aide à penser les conditions nécessaires à l’élaboration d’un après-capitalisme.

Table des matières

Table des matières
La révolution culturelle du capital 1
Crédits 8
Table des matières 9
Introduction – « Il était temps qu’un capitaliste fasse une révolution » 13
Néolibéralisme et cybernétique 18
La société globale de l'information 22
L'émancipation par la technique dans la société globale de l'information 26
Pour une critique marxienne du marxisme 37
Chapitre premier – L'imaginaire révolutionnaire de la modernité capitaliste 39
La critique radicale de la valeur contre le marxisme traditionnel 41
Une critique des médiations sociales fétichisées 50
Technique, aliénation et émancipation 57
Le régime spatio-temporel de la modernité capitaliste 61
La contradiction politique de la modernité 65
Le spectacle comme forme d'aliénation spécifiquement capitaliste 70
Conclusion: Les limites de la critique subjectiviste 78
Chapitre 2 – La communication s'oppose-t-elle au capitalisme? 81
La théorie habermassienne de l'agir communicationnel 83
Le néolibéralisme et le marché comme système de transmission de l'information 92
Le projete politique de la société globale de l'information 99
La gouvernance et la dépolitisation des rapports sociaux par la communication 106
Conclusion: Au-delà de l'agir communicationnel 114
Chapitre 3 – Éléments pour une théorie critique du capitalisme cognitif 117
Travail immatériel, travail abstrait et domination: une critique catégorielle 120
Les transformations institutionnelles du capitalisme 125
Travail immatériel, intelligence collective et aliénation 139
Conclusion : L’aporie de l’inclusion dans les sociétés 149
Chapitre 4 – Du Panoptique global au «Brand new world» 155
Communication, globalisation et financiarisation du capitalisme avancé 161
Finance et surveillance 167
Les règles du spectacle financier 170
Le State Branding 175
Surveillance, subjectivation et fétichisme technologique 179
Conclusion : En route vers le monde numériquement 190
Chapitre 5 – Big Data et gouvernance dans le monde numériquement administré 193
Gouvernance, savoir et information 197
Gouvernementalité néolibérale et mutations du politique 205
L’entreprise virtuelle et le travailleur autorégulé 217
Big Data et monde numériquement administré 223
Data mining et high-frequency trading : du complexe 230
Chapitre 6 – Libéralisme culturel, populisme de marché 239
La critique du libéralisme et de l’émancipation dans "La question juive" de Marx 244
La gauche culturelle et l’émancipation des contraintes 249
La contestation culturelle du régime fordiste 254
Le populisme de marché et la logique de consommation postfordiste 268
Le populisme de marché et la crise des subprimes 277
Critique du populisme comme forme d’anticapitalisme tronqué 280
Conclusion – Comment "faire monde" après la fin du monde 287
Crise du capitalisme et barbarie 293
Comment penser les médiations politico-institutionnelles 306
Vers une politique du commun 314