D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds. Chronique familiale

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds. Chronique familiale

"Elle est plus belle que tout ce qu’il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d’un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s’il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c’est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d’amour. Elle s’en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t'aime."

Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d'édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville "qui n’existe pas", et vers le souvenir de sa mère décédée.

Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

Grand Prix SGDL de traduction 2016

Table des matières

Table des matières
Couverture 1
Du même auteur 3
Titre 7
Copyright 8
Prélude 9
Keflavík 11
Valeur agricole négligeable ; nulle part… 15
Cette douleur, ce coeur meurtri… 21
Dix conseils pour arrêter de pleurer 26
Honneur et fierté 39
À l’adresse d’Oddur Jónsson capitaine et armateur 41
Norðfjörður 43
Tout a commencé par une nuit… 47
Bref exposé sur la force… 55
Minuit, la trappe de la cale… 57
Et la vie peut commencer… 59
Incise 63
Keflavík 67
Tout s’est éclairci quand sept… 69
Incise 81
Keflavík 91
Ce sont les regrets qui… 93
Vous allez devoir vous dévêtir… 102
Incise 117
Keflavík 131
La mort est au volant… 133
Keflavík 159
Keflavík : prière sublime ou lumineuse étreinte ? 161
Elle est une corde qui vibre… 173
Que faire d’un couteau bien tranchant… 181
(Parenthèse) 190
… le chambard commence 191
Norðfjörður 201
Le monde vient d’être composé… 203
Que le bonheur vous accompagne… 214
Keflavík 227
Que savons-nous en réalité… 229
Norðfjörður 247
Envoie-mois sur la Lune… 249
(Brève parenthèse — concernant la grand-mère…) 255
Septembre ou avril ? Qu’importe… 257
La nuit est la nuit… 262
Keflavík 269
Le coeur de Tito est-il… 271
L’usine de poisson de Skúli Million… 279
Je ne me rappelle pas… 287
Norðfjörður 301
Si Dieu est femme, le diable… 303
Keflavík 311
« Chaude et douce ce matin — pour toi » 313
Tu n’entrerais même pas au Top… 319
Norðfjörður 331
Les noyés ne sont guère utiles 333
Mars — les mains de la mort… 345
Mai, le printemps 347
Bref exposé écrit sur les ténèbres… 352
Keflavík 359
L’inertie est la soeur de la mort… 361
Certaines musiques sont tels des séquoias… 372
Les poissons n’ont pas de pieds 376
Norðfjörður 391
La mer fait de nous des hommes… 393
Keflavík 401
La petite Amérique — en direct du passé 403
Votre profession ? Eh bien, la nostalgie. 417
365.vies.is 426
Allons, tout ira bien, ma petite 431
Mon Dieu, combien mon petit… 434
Que regardaient-ils? 436
Qu’il est délicieux d’exister 439
Présentation 444
Achevé de numériser 445